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Comment les dirigeants pilotent leur entreprise

Trois dirigeants partagent leur façon de suivre leur activité
27 septembre 2026 par
Rozhin Aubé

Diriger une entreprise, c’est passer d’un sujet à l’autre : développer l’activité, accompagner l’équipe, suivre les projets et garder un œil sur les chiffres. Au fil de sa croissance, comment garder une vision claire de l’ensemble tout en donnant à chacun les moyens d’avancer ?

J’ai demandé à trois dirigeants comment ils s’organisent, quels repères les aident à décider et sur qui ils peuvent s’appuyer. Leurs réponses nous emmènent au cœur de leur manière de piloter.


Quelle place occupe la trésorerie dans votre stratégie ?

Alexandre Ermenault, Onafis

La trésorerie est un sujet quotidien pour moi. Nous avons levé des fonds. Je dois décider où investir cet argent et à quel rythme, tout en gardant à l’esprit le temps dont nous disposons pour franchir les prochaines étapes.

Patrick Géliot, Via Végétale

Quand le marché est porteur, la trésorerie suit l’activité et ce n’est pas notre première préoccupation. Quand il est moins dynamique, elle devient un sujet prioritaire. Notre activité est concentrée surtout au printemps et à l’automne : nous sommes habitués à des fluctuations de trésorerie.

Jean-Marc Cingarlini, SOLARISQ

La trésorerie vient en premier dans les sujets que je suis. Sans trésorerie, je ne peux pas investir. J’ai besoin de connaître, mois par mois, ce que nous pourrons facturer selon l’avancement de nos affaires.


Quels indicateurs vous aident à savoir si l’entreprise va bien ?

Alexandre Ermenault, Onafis

Je surveille notre pipeline commercial, ainsi que ce que nous prévoyons de consommer dans les trois mois à venir. Ces informations m’aident à apprécier le rythme auquel nous utilisons nos ressources.

Patrick Géliot, Via Végétale

Je regarde d’abord notre chiffre d’affaires et les signaux du marché. Notre niveau de marge est relativement stable : nous le connaissons. Si nous faisons une bonne campagne, nous savons que nous pouvons engager un projet. Si le marché ralentit, c’est un signal auquel je fais attention.

Jean-Marc Cingarlini, SOLARISQ

Je suis notre prévisionnel de facturation sur douze mois et la rentabilité par secteur d’activité. Nous imputons aussi le temps passé par l’équipe sur les affaires et les tâches. Je peux ainsi voir où nous gagnons de l’argent et où nous en perdons par rapport à nos prévisions.


Comment prenez-vous vos décisions importantes ?

Alexandre Ermenault, Onafis

Je m’appuie sur des indicateurs financiers, des projections et plusieurs scénarios. Mon DAF m’a aidé à les construire et à en discuter. En tant que dirigeant, j’ai aussi besoin que quelqu’un questionne mes idées.

Patrick Géliot, Via Végétale

Je tiens compte de nos ventes et de la santé du marché. Nous devons travailler à la fois sur le court terme, parce que nous vivons des ventes à nos clients, et sur le moyen terme, parce que certains projets de recherche ou de référencement d’un produit peuvent prendre trois ou quatre ans.

Jean-Marc Cingarlini, SOLARISQ

Je regarde la rentabilité de chaque secteur d’activité pour décider lesquels poursuivre. Avant de recruter, je fais aussi un calcul sur douze mois pour vérifier que nous pouvons assumer ce recrutement.


Quel est le sujet financier le plus délicat à piloter ?

Alexandre Ermenault, Onafis

Notre activité est saisonnière. Je dois mesurer mes approvisionnements en fonction des commandes attendues. Ce n’est pas simple, car les vignerons peuvent attendre de connaître l’effet des aléas climatiques sur leur production avant de décider d’acheter notre matériel.

Patrick Géliot, Via Végétale

Le plus délicat, c’est lorsque la trésorerie commence à diminuer. Nous avons des perspectives de reprise, mais il faut gérer la période de creux quand l’activité ralentit.

Jean-Marc Cingarlini, SOLARISQ

Les délais de paiement se sont allongés. Quand nous émettons davantage de factures et qu’elles restent à encaisser plus longtemps, les sommes qui ne sont pas encore rentrées augmentent. Il faut suivre cela tout en continuant à produire et à développer l’entreprise.


Sur qui et sur quels outils vous appuyez-vous pour suivre votre activité et préparer les décisions ?

Alexandre Ermenault, Onafis

Mon DAF à temps partagé m’a libéré du temps, alors qu’il n’intervenait que trois jours par mois. Il m’a aidé à disposer de tableaux de bord, à faire des vérifications et à anticiper des risques. Je peux ainsi prendre des décisions à partir d’éléments chiffrés.

Patrick Géliot, Via Végétale

Pour suivre nos ventes et notre activité, je m’appuie sur les compétences d’une équipe mutualisée dans le cadre de notre association avec une autre structure. Elle réunit notamment des personnes en logistique, marketing et comptabilité ; une partie de leur temps est consacrée à Via Végétale.

Jean-Marc Cingarlini, SOLARISQ

J’ai toujours travaillé avec des prévisions de facturation. Aujourd’hui, avec la taille de notre équipe, j’ai aussi besoin d’une meilleure visibilité sur le plan de charge et le taux d’occupation. Sans cela, je ne peux pas toujours dire rapidement si nous sommes en mesure d’accepter une nouvelle demande.


Chez Onafis, Via Végétale et SOLARISQ, chacun pilote à sa manière. Mais aucun de ces dirigeants n’avance à l’aveugle ni ne fait tout seul. Ils suivent leur activité, anticipent et s’appuient sur d’autres personnes.

Merci à Alexandre, Patrick et Jean-Marc de m’avoir accordé leur temps et d’avoir partagé leur manière de faire.

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